J'ai commencé faible.
Et je me suis trompé longtemps.

D'un corps trop maigre à une obsession qui m'a cassé, puis à ce que je construis aujourd'hui. Le chemin, pas la vitrine.

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J'ai commencé à seize ans, traîné dans une salle par mon père, avec une idée simple : prendre assez de masse pour tenir le choc sur un terrain de rugby. La vérité, c'est que je partais de très loin. Soixante-sept kilos sur un mètre quatre-vingt-cinq, une silhouette de fil de fer qui n'avait rien à faire sous une barre, ni sur un terrain.

Les premiers mois ont été une épreuve que je n'oublierai jamais. Pas une gêne le lendemain. Des courbatures si profondes qu'elles me clouaient au lit, des matins où je n'arrivais plus à me lever après une séance de jambes, des journées où je ne pouvais plus tendre les bras à cause de la veille. Mon corps protestait contre tout ce que je lui imposais, et sans mon père à côté de moi, je serais rentré chez moi pour ne plus jamais repasser cette porte.

Ce qui m'a fait revenir, séance après séance, n'avait rien à voir avec la motivation ou la discipline dont tout le monde parle. C'était lui. Sa présence, le fait qu'il vienne me chercher et qu'on franchisse ce seuil ensemble. Il a fallu qu'il n'en ait plus le temps, un peu plus tard, et que j'y retourne quand même seul, pour que je comprenne enfin ce que cette salle était devenue pour moi.

Nathan adolescent, mince, à ses débuts en musculation
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Savoir pourquoi tu t'entraînes ne te dit pas vers quoi. Et pendant des années, je me suis trompé de cible. Je voulais de la masse, toujours plus de masse, le physique des types que je regardais sur internet. Alors j'ai mangé, j'ai poussé, j'ai empilé les kilos sans me poser de question. J'avais commencé à soixante-sept kilos. J'ai fini par en peser quatre-vingt-dix-sept.

Un jour de confinement, grand soleil, je m'entraîne torse nu dans le jardin. Ma mère me filme. Le soir, je regarde la vidéo. Je ne vois pas un homme fort. Je vois Shrek. Un torse gonflé mais mou, des poignées d'amour, un corps que j'avais épaissi en croyant le construire.

J'avais passé des années à courir après une image. Le jour où je l'ai enfin vue pour de vrai, elle ne ressemblait à rien de ce que je cherchais. J'avais détruit mon corps par obsession, et il allait me falloir encore du temps, et quelques blessures, pour comprendre ce que j'aurais dû faire à la place.

Nathan pendant sa prise de masse, face au miroir en salle
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Comprendre que je m'étais trompé de cible n'a pas suffi. J'ai juste changé d'obsession. Je me suis mis à chercher le bon programme, le bon découpage, la bonne méthode, et je les ai tous essayés. Les splits où je faisais des bras tous les jours. Le PPL et ses séries à rallonge. Puis la force athlétique, vers dix-neuf ans : cinq séances par semaine, full body, lourd, à l'échec presque à chaque série.

Mon corps a payé l'addition. Tendinites au pec, à la coiffe des rotateurs, aux biceps. Des lumbagos que je ne comptais plus après le soulevé de terre. Et un jour, il a dit stop pour de vrai. Œdème cervical : j'ai dû arrêter le squat, incapable de tenir la barre sans que tout mon corps compense, des fourmis dans les doigts à force que la barre appuyait sur l'œdème cervical. Quelque temps après, une hernie abdominale, encore sur le soulevé de terre.

Je n'ai pas eu de révélation intellectuelle. J'ai cassé, et c'est en me cassant que j'ai compris. Aucun de ces programmes n'était mauvais. Mais aucun n'avait été pensé pour moi : pour ma morphologie, pour ma vie, pour ce que mon corps pouvait encaisser. Je les enfilais comme on enfile la veste de quelqu'un d'autre. J'avais passé des années à vouloir en faire toujours plus. Mon corps venait de m'apprendre, de force, que j'allais devoir faire l'inverse.

Nathan en plein effort, penché sur la barre au soulevé de terre
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Faire l'inverse, ça a commencé par retirer. Les trois mouvements qui me blessaient — le squat, le soulevé de terre, le développé couché — je les ai abandonnés un par un, pour des exercices adaptés à mon corps. M'acharner dessus ne menait nulle part : ça me cassait plus que ça ne me faisait progresser.

Ce qui a fini par marcher, c'était tout le contraire de ce que je faisais avant. Moins de charge, plus de régularité. Des séances que je pouvais tenir sur la durée, pas sur trois semaines. Du simple, du brut, sans raccourci.

J'ai un exemple. J'ai voulu battre mon record de traction lestée, passer de soixante-cinq à soixante-dix kilos. J'ai forcé, et mon coude a lâché. Avant, j'aurais serré les dents jusqu'à la blessure de trop. Cette fois, j'ai rangé le record dans un tiroir et j'ai fait de ce coude mon chantier. Un an plus tard, il tient sans broncher, et mes bras sont plus complets qu'ils ne l'ont jamais été. Ce record raté m'a donné de meilleurs bras que le record lui-même m'en aurait donné.

Aujourd'hui, je m'entraîne quatre fois par semaine, une heure trente, et ma condition est stable toute l'année. Plus de prise de masse de porc, plus de sèche violente. Ce que j'ai mis des années à comprendre, c'est que la salle ne m'avait pas donné un physique. Elle m'avait donné un caractère. Et ça, personne ne pourra jamais me le prendre.

Nathan aujourd'hui, physique sec et naturel
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Si je coache aujourd'hui, c'est à cause de tout ce que je viens de te raconter. J'ai perdu des années à courir après le mauvais objectif, à enfiler des programmes qui n'étaient pas faits pour moi, à me casser pour des kilos qui ne valaient rien. Personne n'était là pour me dire ce que je sais aujourd'hui. Toi, tu n'es pas obligé de perdre ces années-là.

Je ne coache pas pour te fabriquer une image qui tient le temps d'un été. Je coache pour t'aider à construire quelque chose qui dure : un corps que tu comprends, et le caractère qui vient avec. Construire un homme, pas une image. C'est ce que j'aurais voulu qu'on m'apprenne.

Si c'est ce que tu cherches, on part d'où tu en es et on avance dans l'ordre. À ton rythme.

Nathan coachant un client à l'entraînement

Prêt à construire
quelque chose qui dure ?

Deux façons d'avancer : accompagné pas à pas avec un suivi, ou avec un plan à suivre en autonomie. On part de là où tu en es.